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Education et Développement : au coeur de la préparation du G7

Jean-Baptiste BOYSSOU et Ryan ABDELHAKIM, reporters à la réunion ministérielle Éducation G7

En préparation du G7 de Biarritz qui se tiendra en août prochain, la rencontre des ministres de l'Éducation et du Développement du 4 et 5 juillet s’impose comme une étape charnière des discussions. Présidé par la France cette année, le sommet s’articulera autour de la question des inégalités et de la lutte contre celles-ci. Dans ce cadre, l’éducation et la coopération internationale s’avèrent être des leviers puissants afin de convenir de mesures concrètes qui sont présentées par les différentes délégations réunies à Sèvres et à Paris.

Le harcèlement, cheval de bataille des ministres de l’Education

Lors d’une déclaration à Sèvres, dans le département des Hauts-de-Seine, le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer a mis en avant le thème du harcèlement à l’école qu’il considère comme un facteur de “l’incidence négative durable sur la santé, le bien-être et les résultats scolaire de tous les élèves”. Considérer ce sujet comme un pilier des discussions du 4 juillet qui a réuni les ministres de l’Education des pays du G7 mais aussi ceux de l’Estonie, de l’Argentine et du Singapour, constitue “une innovation” dont se félicite le ministre français. La première dame, Brigitte Macron, a complété le discours de ce dernier en évoquant des exemples de filles et de garçons qui ont été harcelés dans le milieu scolaire. Certains souffrent de séquelles psychologiques, d’autres ont mis fin à leur jour. Plusieurs mesures marquantes ressortent des négociations dans la ville des Hauts-de-Seine à l’instar de l’organisation d’une conférence internationale contre le harcèlement, en 2020, à Paris avec la présence de l’UNESCO. La mise en place d’un comité national d’experts et l’entraînement d’encadrants scolaires à la prévention du harcèlement font également parti des décisions prises par chaque pays du G7.

Les nouvelles technologies au service d’une éducation plus égalitaire

L’émergence de nouvelles thématiques majeures, comme le numérique ou l’écologie, conduisent à une prise de conscience importante des priorités mondiales aujourd’hui. Dans un même temps, elles peuvent être des facteurs d’inégalités importantes. Dans ce cadre, les nouvelles technologies sont au coeur d’outils de pédagogie novatrice : Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique du ministère de l’Education Nationale, souhaite promouvoir les avantages du numérique comme l’intelligence artificielle et a insisté lors d’une présentation devant les ministres rassemblés au Centre International d’Etudes Pédagogiques ce 4 juillet sur l’importance de la petite enfance (de 0 à 6 ans) dans les schémas éducatifs.

L’une des priorités des ministres du G7 et des pays invités réside dans le développement d’un meilleur suivi de la formation professionnelle et son adaptation aux nouveaux défis. Certains pays ont déjà pris acte de ces nécessités et participent donc activement aux réflexions internationales. Mailis Reps, ministre de l’Education de l’Estonie, nous confiait le besoin de “former constamment les professeurs” à de nouvelles techniques d’enseignement numérique, qui permettent “une communication plus rapide avec les élèves, ainsi qu’une approche plus individuelle et personnalisée”.

L’éducation des filles et des femmes, enjeu majeur du développement mondial

Une problématique particulièrement forte subsiste dans nos sociétés, et plus particulièrement dans les pays en développement, à l’image du G5 Sahel, invité d’honneur de cette réunion de préparation du G7. Cette problématique associe les inégalités de genre et d’accès à l’éducation pour constituer un obstacle à un objectif pourtant “indispensable au progrès humain”, comme le souligne Jean-Michel Blanquer : l’éducation des filles et des femmes.

Innover pour émanciper les filles et les femmes par l’éducation : tel était le thème de la conférence tenue dans le grand amphithéâtre de l’UNESCO le vendredi 5 juillet après-midi. Personnalités politiques du G7, du G5 Sahel, des institutions internationales comme l’UNESCO ou l’UNICEF et de la société civile comme Malala Yousafzai, Prix Nobel de la Paix 2014, ont martelé le message fort, celui de la volonté de lutte pour une éducation égalitaire et paritaire, afin que les femmes ne soient plus rejetées du système éducatif. Plus de 500 millions de filles sont encore tenues en marge de l’enseignement secondaire : “Les chiffres sont là, chiffres qui disent tout, et l’urgence est devant nous”, rappelle Emmanuel Macron durant le discours de clôture. Cette lutte n’est pas seulement une nécessité, c’est “un projet de civilisation, de valeurs”, et les puissances du G7 assemblées aujourd’hui avec leurs partenaires étatiques ou institutionnels semblent bien avoir pris la mesure de ce combat.

Sous toutes leurs formes, prenant leur source dans la différence de revenu, le milieu scolaire, l’accès aux technologies et au numérique, les inégalités correspondent à un des enjeux majeurs de notre ère et est le chantier principal de ce G7 à la présidence française. Cette réunion ministérielle s’inscrit également dans un format “jumbo” inédit, pour reprendre l’expression du chef de la diplomatie française, avec des représentants des pays du G7 et du G5 Sahel mais aussi avec des ministres de l’Education et des ministres du Développement. “Faire avancer les causes les plus importantes de l’humanité”, voilà le signal ambitieux envoyé par Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, en ouverture de ce colloque en préparation du sommet de Biarritz.

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