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Les "postes à présence diplomatique", pourquoi cette réforme de notre réseau ?

Interview de Pierre-Christian Soccoja, Ambassadeur de France au Honduras, qui dirige un poste à présence diplomatique

Open Diplomacy : Certaines ambassades françaises sont désormais appelées des "postes à présence diplomatique" aujourd'hui. De quoi s'agit-il ? Quel est l'enjeu ?

Pierre-Christian Soccoja : Les "postes à présence diplomatique" ou "PPD" sont le fruit d'une réforme de notre réseau diplomatique engagée par Laurent Fabius. Nous sommes à la fin d'une phase test avec une vingtaine de PPD pilotes dans le monde.

Le but est de conserver l'universalité de notre présence diplomatique (2eme réseau de représentations au monde) tout en tenant compte de deux évolutions majeurs : la contrainte budgétaire plus exigeante d'une part et d'autre part les mutations technologiques qui permettent l'e-administration de certains services publics.

Ainsi, la mise en place des PPD permet de concentrer les moyens de certaines représentations françaises sur l'essentiel : le dialogue avec les autorités locales, l'information du Ministère sur l'évolution du pays et le rayonnement de la France et de ses entreprises. Dans un PPD, l'administration consulaire passe ainsi par des démarches en ligne, ce qui est nettement plus efficient dans des zones avec une faible communauté française et/ou peu de touristes français.

Pierre-Christian Soccoja, Ambassadeur de France au Honduras

Open Diplomacy : En pratique, comment cela fonctionne ? Peut on prendre l'exemple de l'Ambassade de France au Honduras que vous dirigez ?

Pierre-Christian Soccoja : Certes l'ambassade fonctionne ici avec une équipe resserrée (un agent administratif, une attachée de coopération et un avocat recruté local tandis que les missions qui ne relèvent pas de notre corps de métier sont réalisées par des prestataires) mais nous nous mobilisons autour de notre principale priorité : la politique de coopération en matière d'éducation.

Par la reconversion de la dette publique du Honduras envers la France, nous pouvons apporter un soutien matériel et pédagogique fort à l'éducation. Nous soutenons la construction d’un nouveau bâtiment du Lycée français de Tegucigalpa qui compte déjà plus de 500 élèves et qui inaugurera dans les mois à venir un nouvel établissement avec des capacités encore plus grandes.

Mais au-delà de ce type de mission "traditionnelle", nous avons lancé d'autres projets de coopération, à commencer par un programme de formation professionnelle non-universitaire pour le développement de l'industrie du tourisme. Le projet pilote concerne le lancement d'un baccalauréat professionnel à Tela, sur la côte caraïbe du pays. C'est une façon de faire valoir les savoir-faire français tout en travaillant sur les atouts du pays. Même avec des moyens rationalisés, il est possible de mener à bien nos missions traditionnelles et de développer des projets innovants.

Biographie de Pierre-Christian Soccoja

Docteur en médecine, Pierre-Christian Soccoja a commencé sa carrière au Ministère de la santé où il a notamment travaillé au cabinet de Simone Weil. Admis plus tard à l’Ecole Nationale d’Administration, il a exercé comme administrateur civil au Ministère de la justice, principalement dans la coopération judiciaire en central comme en postes diplomatiques. Secrétaire général adjoint de la présidence française du G20/G8 en 2010-2011, il est ensuite nommé Conseiller des affaires étrangères et rejoint le Ministère des Affaires étrangères. Il est nommé Ambassadeur de France au Honduras en août 2015.

Propos recueillis par Thomas Friang pour l'Institut Open Diplomacy   

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