Return to site

 

3 questions à Nicolas Hernandez, Directeur adjoint du programme Géopolitique de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient

· Portrait,MENA

Le Forum Open Diplomacy qui aura lieu le 18 novembre prochain aura pour thème le Soft Power. Laquelle des trois conférences de la journée attends-tu avec le plus d'impatience et pourquoi ?

J'ai souhaité participer à l'organisation de la conférence portant sur la culture en tant que vecteur d'influence de la politique étrangère française car je suis convaincu de l'importance fondamentale de cet outil de rayonnement qui fait à la fois la singularité et le prestige de la France sur la scène internationale. Aussi, je serai très heureux d'écouter l'avis des experts sur le sujet qui nous ferons l'honneur d'intervenir, parmi lesquels Laurent Stefanini, délégué permanent de la France à l'UNESCO, lequel pourra revenir avec nous sur l'élection de Mme Audrey Azoulay à la présidence de l'UNESCO et sur les conséquences que cet évènement majeur emporte pour la France. Les autres conférences me paraissent toutes aussi intéressantes car elles offrent des pistes de réflexion très innovantes pour penser une politique étrangère française plus "smart", davantage centrée sur les outils d'influence, tout en n'écartant pas les instruments coercitifs et le hard power.

Selon toi, la zone Afrique du Nord - Moyen-Orient est-elle elle aussi concernée par le soft power, le hard power ou le smart power ?

La zone Afrique du Nord - Moyen-Orient occupe une place particulière dans la politique étrangère française. Ces dernières années, la France s'est surtout faite remarquer par son activisme militaire dans la région, que ce soit lors de l'intervention franco-britannique ayant conduit à la chute de Khadafi en Libye ou depuis l'engagement des forces françaises dans la coalition anti-Etat Islamique en Irak et en Syrie. Mais ce recours décomplexé aux moyens militaires ne doit pas faire oublier l'autre versant qui caractérise la politique étrangère française en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Le soft power est, selon moi, l'outil qui fait la force de la France dans ces deux régions, et plus particulièrement au Maghreb. La France et les pays du Maghreb sont liés par des liens historiques et culturels extrêmement denses et profonds (le Maghreb est l'un des plus importants réservoir de la francophonie avec l'Afrique subsaharienne). Cette communauté de destin entre les deux rives de la Méditerranée doit, en outre, être préservée par le déploiement d'un effort culturel et éducatif massif de la France dans la région.

Tu as participé pleinement à l'organisation du prochain FOD, quel message souhaiterais-tu transmettre aux membres d'Open Diplomacy concernant ce prochain événement ?

Dans un contexte international plus que jamais soumis à la réémergence des nationalismes et à l'exacerbation des rapports de force, le thème du Forum Open Diplomacy 2017 me paraît tout à fait pertinent. Cet évènement sera l'occasion de nous interroger, aux côtés d'experts renommés, sur le rôle que la France doit accorder aux instruments non-coercitifs qui sont à sa disposition dans la formulation de sa politique étrangère. La France jouit d'un soft power extrêmement puissant (récemment confirmé par la 1ère place du classement SoftPower30), qu'elle doit entretenir et utiliser à bon escient pour compenser ses faiblesses économiques et démographiques. Le Forum Open Diplomacy sera l'occasion de découvrir en profondeur les rouages du soft power à la française ainsi que les enjeux et défis qui se présentent.

Découvrez le programme du Forum Open Diplomacy et inscrivez-vous en cliquant sur ce lien.

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly