Return to site

Retour de Lima !

Valentine Poisson, reporter #opendiplo aux Assemblées du FMI et de la Banque Mondiale, octobre 2015

· Economie

Quel est ton parcours académique / professionnel / associatif ? Pourquoi avoir voulu prendre part à cette équipe de reportage d’Open Diplomacy ?

J’ai étudié la gestion et l’économie à l’université Paris Dauphine jusqu’à mon master 1 de Marketing et Stratégie, en partie réalisé à Bangkok dans le cadre d’un échange universitaire. Je me suis alors réorientée dans le champ de la communication en m’inscrivant au master 2 « Médias et mondialisation » de l’université Panthéon Assas en partenariat avec l’Institut Français de Presse, dont je suis sortie major après avoir réalisé un mémoire de recherche sur la crise politique thaïlandaise.

Pendant mes études, j’ai travaillé 2 ans au journal le Parisien en tant qu’assistante de rédaction au cours de permanences et de remplacements. J’ai voulu prendre part à cette délégation d’Open Diplomacy parce que c’est une formidable opportunité pour m’instruire sur les enjeux internationaux contemporains et nourrir ma curiosité vis-à-vis de certaines régions du monde (Amérique Latine, Asie et Afrique).

Cliquez ICI pour voir le rapport annuel.

Cliquez ICI pour voir le reportage.

Au cours du Sommet, quelle conférence t’est apparue comme étant la plus intéressante au regard du thème général / de l’actualité internationale ?

La conférence qui m’a le plus intéressé était le CSO Townhall, un des évènements phares du sommet. L’espace était destiné à un échange entre la directrice générale du FMI Christine LAGARDE, le président de la Banque mondiale Jim Yong KIM et plus de 400 représentants de la société civile. Le débat était modéré par le président de Transparency International, M. Jose UGAZ et portait sur les efforts du FMI et de la Banque mondiale pour réduire la pauvreté, encourager la prospérité partagée, assurer la stabilité financière et promouvoir une croissance économique durable dans l’ensemble du monde.

Dans une salle comble, Christine Lagarde et Jim Yong Kim nous ont d’abord fait part de leurs remarques préliminaires. Le président de la Banque mondiale s’est exprimé en espagnol pour aborder les défis liés à la pauvreté et à la vulnérabilité économique de l’Amérique Latine, difficultés communes à un grand nombre d’émergeants. La directrice du FMI a fait quant à elle de l’inclusion sociale la clé de voûte de son objectif de croissance solidaire. Cet impératif d’ordre non seulement social mais aussi économique sert de ligne directrice pour provoquer un travail de responsabilisation toujours plus approfondi, notamment dans les champs de la gouvernance et de la transparence.

Puis le débat s’est animé à travers une série de questions-réponses articulées autour de trois thèmes chers à la société civile : la réduction de la pauvreté, le développement et l’inclusion sociale.  Les préoccupations des intervenants ont particulièrement soulevé la nécessité de prioriser les droits de l’homme, des communautés indigènes et le droit du travail.

Le docteur Kim a d’abord répondu aux interrogations de citoyens venus porter la cause des malades de maladie rares, des handicapés et de la malnutrition infantile. Ce dernier a souligné l’importance d’un accès aux soins universel et de la préservation de la dignité de tous les malades, tout en faisant le lien avec les effets néfastes de la malnutrition qui « conduit à des cerveaux qui n’ont pas autant de connections neuronales et condamne les enfants à une vie dans laquelle ils ne peuvent pas apporter une contribution à leur pays ». Le président de la Banque mondiale compte bien donner toutes ses chances aux jeunes porteurs d’un savoir-faire notamment numérique et dont l’esprit d’entreprise participe à lutter contre la pauvreté, en insistant sur le besoin d’accompagner les plus démunis d’entre eux par un apport en capital.

Madame Lagarde a réaffirmé le rôle du FMI en se prononçant sur de nombreux sujets. Concernant le coût des inégalités et de la croissance non équitable, Christine Lagarde a mis en avant les études réalisées sur les politiques liées à la redistribution de la richesse, tout en reposant ses attentes à l’échelon national. En termes de lutte contre la déforestation, le Fonds est investi d’une mission de conseil afin d’éliminer les subventions inefficaces et d’encourager les pays à fixer « les bons prix », et contribue également à l’élaboration de régimes fiscaux permettant de réduire l’utilisation de certaines énergies préjudiciables pour le développement durable. « Notre vocation n’est pas d’investir » précise-t-elle, mais plutôt de « servir de forum s’adressant aux ministres des finances des 188 pays pour mettre en place un dialogue et comparer les expériences », tout en soulignant la difficile coordination entre certains membres du conseil pour consacrer du temps et de l’énergie à ce sujet.

A l’issue de ce Townhall, certains se féliciteront d’avoir pu délivrer un message aux plus hautes sphères institutionnelles ; tandis que d’autres, constatant la courte durée de la session face à l’ampleur et aux complexités des sujets abordés, regretteront la superficialité des réponses et leur manque d’engagement concret. La volonté politique de ces institutions à traduire concrètement leur discours d’inclusion sociale est mise à l’épreuve devant une société civile par essence perplexe.

Parmi les intervenants du Sommet, lequel as-tu pu interviewer / écouter ? Quels arguments mis en avant t’ont particulièrement marqué et pourquoi ?

J’ai eu l’opportunité d’interviewer Samir AITA, le président du Cercle des économistes arabes (une institution basée à Paris et regroupant des économistes de l’ensemble des pays arabes). Alors que les espérances de la société civile sont d’habitude nombreuses et variées vis-à-vis de ce sommet, Samir AITA m’a dit ne pas attendre grand-chose des Réunions annuelles, sinon de créer la conscience de quelques problèmes. Le président du Cercle des économistes arabes reproche au FMI et à la Banque mondiale leur manque de réflexion pour sortir la région arabe de la situation chaotique à laquelle elle est confrontée. Selon lui, « le fait que la Banque mondiale ait été longtemps habituée au discours sur le développement fait qu’elle s’est tracé des schémas de pensée qui l’a figée ». Cet entretien m’a marqué car il semblait agréger le réalisme pessimiste de la société civile réunie au cours des Rencontres, qui constatent l’incapacité du FMI et de la Banque mondiale à apporter une solution à leurs problèmes.

Quel intervenant a été le plus original par rapport à ce que tu savais déjà du sujet ? Pourquoi ?

Je dirais Joseph Stiglitz, lors de la conférence « Vers une soutenabilité de la dette en Europe ? Le rôle du FMI dans la crise de la dette de la zone euro » organisée le 09/10/15 dans le cadre du forum de la société civile. Les autres membres du panel, qui étaient des représentants de la société civile issus de Grèce, d’Irlande et du Portugal, ont essentiellement exposé les conséquences désastreuses des politiques d’austérité dans leurs pays respectifs. Joseph Stiglitz, a travers un discours édifiant, a dénoncé le manque d’honnêteté du débat de la dette européenne. Le Nobel d’économie a notamment mis en cause les banques allemandes et françaises détentrices de la dette d’être trop intimidées pour mettre en place un plan de restructuration de la dette, et les gouvernements américains et européens de manquer de volonté politique pour dessiner un cadre légal international destiné à l’accompagner.

Qu’est-ce que cette délégation t’a apporté en termes de compétences / de connaissance ?

Cette délégation a été extrêmement riche d’enseignements pour moi. C’était la première fois que je participais à un sommet international, mon expérience en tant qu’observatrice m’a permis de comprendre le mode de fonctionnement de ce type d’évènement et les interactions entre ses acteurs. En tant que paneliste d’une conférence organisée en partenariat avec nos confrères les Young Diplomats of Canada, j’ai eu la chance de prendre part activement à cet espace d’expression et d’échanges. J’ai également beaucoup appris des conférences de la société civile, notamment les enjeux relatifs à l’intégration des minorités dans la région latino-américaine.

Un intervenant a-t-il prononcé des mots qui t’ont particulièrement marqué / touché / influencé ?

« La corruption est une taxe payée par les pauvres dans notre société » José Ugaz, président de Transparency International, au cours de l’évènement Wikistage organisé par la Banque mondiale.

Les opinions et interprétations exprimées dans les publications engagent la seule responsabilité de leurs auteurs, dans le respect de l'article 3 des statuts de l'Institut Open Diplomacy et de sa charte des valeurs.

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly